Caro et Cath
Cathy avait dressé la table.
Dans une panière, d’épais morceaux de pain chaud laissaient échapper une odeur délectable.
Une tranche terrine faite maison sur un lit de salade attendait dans l’assiette, les farcis disposés dans un plat en terre allaient atteindre la bonne température dans les 10 minutes nécessaires à la dégustation des entrées composées de poivrons grillés, olives noires, tomates du jardin et artichauts coupés en fines lamelles.
- Wahoo, mais tu es un vrai chef Cathy !
- Ah ce n’est pas grand-chose, j’adore cuisiner, c’est un vrai plaisir pour moi.
J’ai attendu longtemps avant de réaliser le rêve de partager ma cuisine et tout ce qui s’y rattache.
Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger, mais il se trouve pour moi, la nourriture est plus importante que le simple apport nutritionnel nécessaire à la sauvegarde de notre espèce.
- Vas y développe, je tu as éveillé ma curiosité
- La cuisine est tout d’abord un capital, un don hérité qu’il convient de protéger, de faire évoluer et transmettre.
Pour certaines famille, il peut s’agit d’un patrimoine immobilier ou culturel que l’on veut conserver, dans le cas de ma famille, le seul capital que nous ayons jamais détenu est l’art de la table, et comme un relais de femme à femme, mes grands-mères m’y ont initier.
Je suis la seule de la lignée à poursuivre leur ouvrage et j’avoue en être assez fière, elles sont ainsi toujours présentes auprès de moi et je leur rends hommage lorsque je fais plaisir.
Au début la cuisine n’était qu’une obligation, puis à l’heure de mon indépendance elle est devenue conviviale pour être aujourd’hui une véritable thérapie.
- Une thérapie, tu ne penses pas que tu vas un peu loin dans l’analyse
- Cathy eut un regard bienveillant souligné d’un sourire qui se voulait indulgent face à cette question qu’elle trouvait déplacée et inconvenante, avec une autre elle aurait clos l’explication, mais Caroline dégageait une aura intéressante.
Ok dit Cathy d’un ton sec, lorsque tu as un problème, soit tu es capable de l’identifier soit pas, soit tu es capable de le résoudre seule soit pas. Je suppose que tu as déjà entendu parler de boulimie et d’anorexie, ce sont deux pathologies liées à la nourriture.
Pourquoi je te le demande mademoiselle, ne pourrait-on pas utiliser la nourriture à des fins d’analyses ?
Je suis capable de m’exprimer en cuisinant, réussir un plat ou trop le saler ou le faire brûler, la cuisine est une science exacte, tu suis la recette et tu réussis, si tu loupe c’est que quelque chose ne va pas.
Les clients d’un restaurant vont chercher du plaisir, du réconfort, un service et un soin aussi, mettre les pieds sous la table, être abordé avec prévenance par un serveur qui prend des égards vis-à-vis de vous. On paye une adition comme on paye un psy, il en va de même pour les coiffeurs ou je ne sais quoi.
Je ne comprenais pas avant pourquoi je rêvais tant faire mes propres coulis de tomates, mes pots de champignons, les confitures, le pain que tu vas goûter tout de suite, avoir une pension de famille ou maison d’hôte appelle ça comme tu veux, c’est l’aboutissement d’une longue attente dans une usine où le travail à la chaîne me permettait de vivre en façonnant mes rêves, une vie entière à épargner et préparer la vie de mes rêves.
A travers cet endroit j’ai créé un monde qui me ressemble et depuis 6 ans les âmes en perditions viennent inexorablement penser leurs blessures dans ce havre de paix.
Si je faisais des surgelés, même en suivant les indications, je ne pense pas que les belles âmes viendraient à moi pour m’offrir la chance de les choyer. J’aurais des adultes arrivistes qui tournent depuis 1000 ans sur eux même.
Une thérapie pour moi car elle me permet d’exprimer certaine une créativité, mes états d’âmes de façon spontané, quand à ceux qui la consomme, ils peuvent y trouver du plaisir, du réconfort, de l’envie, ou tout autre sensation liées à des sentiments exprimés ou pas.
Avec le temps, on arrive à communiquer et à prendre soin de soi et des autres à travers l’art de la table, comme on peut le faire avec la musique ou en laissant traîner un livre avec un marque page pour que la personne ouvre pile sur la ligne qui va lui permettre de se faire face.
- Ok madame la conférencière, je n’avais jamais aborder la cuisine sous cet angle là, ce que tu dis m’ouvre des perspectives, en tous cas, tu es passionnée. Tu as du grandir dans le sud pur avoir un caractère si emporté, qui es-tu au juste ?
- Je suis née au sud d’un pays du nord, l’eau pour moi n’étant pas une frontière, les drapeau ne déterminant pas non plus grand-chose à mes yeux que ce que j’ai fui en venant ici je suis Oula, comment dire ça, je suis une longue histoire, un roman d’héroïc fantasy humaniste, mais est ce vraiment important ? et toi jeune citadine, que fais tu comme job ? qu’est ce qui t’as poussé vers ces montagnes au calme ?
- Je suis avocate, son visage s’était assombri
- Bon jeune dame, nous n’allons pas parler de choses qui fâches n’est ce pas, alors bon appétit
- Merci à toi aussi…hummmmmmm que c’est bon….je voulais te demander, y a-t-il un kiné pas loin, je suis fourbue et mon dos me fait mal
- Un kiné dit elle en s’esclaffant, ici ? à part un berger, une épicerie qui fait aussi pharmacie et poste, il n’y a rien que des âmes en paix, mais si tu veux un massage, je te propose mes modestes mains.
- Je ne voudrais pas abuser
- Si je te le propose c’est que c’est volontiers
- Alors merci je veux bien
- Si ça ne t’ennuie pas, je ferais ça ce soir car après le repas j’ai une coutume, c’est la sieste.
Elles continuèrent à papoter, parler de tout de rien, après le café, Cathy s’éclipsa pour sa sieste, Caroline elle prit la direction de la bibliothèque.
Elle sortit un livre au hasard, il s’agissait d’un roman qui racontait l’histoire d’un miroir bavard, l’idée lui plut, une fois dans son lit les pages défilèrent sous ses yeux jusqu’à ce que son dos se mette à la faire souffrir.
Les pas dans le couloir lui indiquèrent que Cathy ne dormait pas ou alors pas encore, peut-être pourrait elle la soulager sans attendre le soir, contre tout attente, elle frappa à la porte.
- Excuses moi Caroline mais l’orage approche et je voulais m’assurer que les fenêtres étaient bien fermées.
- Oui elles le sont, dis moi Cathy, je sais que tu dois aller dormir mais j’ai vraiment mal, ce doit être dû à la route, pourrais tu…elle fit une grimace en se tenant bas du dos….
Aller allonge toit et enlève sous tif et tee-shirt je vais chercher mon huile