Retour de concert

J’ai failli dire : « faut-il encore présenter Louis Bertignac ? »
Eh bien oui …
Louis Bertignac est un jeune artiste de 51 ans à l’avenir assuré d’une vie déjà passée.
Il fut l’éminent guitariste de Téléphone, groupe mythique pour les générations dont je suis,
puis, à la séparation, il visita……
(allusion au groupe les visiteurs…oui je sais mais il est 6 heures et je n’ai pas bcq dormi bref) ….. avec l’ancienne bassiste de Téléphone,
les méandres d’une fin d’époque faite de succès et de tensions
Les années passèrent et hier soir dans un jardin Berluguan (de Beaulieu sur mer)
sous les oliviers centenaires,
j’ai découvert un homme simple, un peu timide, surprit de son succès et de l’amour témoigné par un public pour le moins mystérieux.
Un homme qui d’une énergie paisible emprunte à la sérénité allait dénouer les années d’écart séparant les gens ici présents pour les unir dans un plaisir commun.
Louis Bertignac a fait SON concert , autour de LUI selon SES envies, et c’était bon (méditez)
La tendresse d’un ange venu d’un autre ciel,
il déliait ses doigts dans la dimension pure d’un amour tout nouveau,
celui de l’expérience, Bertignac le gris était devenu Bertignac le Blanc
l’harmonie de l’être né cinquante ans après lui-même
la vie lui offrait une deuxième chance,
il la partagerait avec tous ceux qui croiserait cette prometteuse ère nouvelle
en montrant qu’il y a une vie encore plus belle après la vie.
Bertignac est un généreux instinctif ou un sage très habile
quelques mots à peine noyés dans un humour commun accessible à tous
unis à quelques notes appuyant ici ou là de sorte que
Mots et musique reviendront à coups sur quand on aura mal
mais ce n’est pas tout….j’ai vécu un des plus émouvant moment de mon existence
Après une set list que l’on trouve toujours trop courte comportant tout de même 66 heures, cendrillon version longue j’en passe….
Beritgnac est parti faire un tour dans des riffles au passé plus lointain, (beatles, les who…)
Sur le moment je n’ai pas compris,
je commençais à me fermer un peu déçue,
lorsque assise par terre en excellente compagnie,
et NON ce n’est encore pas ce que vous croyez
j’eu la bonne idée de lever les yeux vers mes congénères aînées
attirée tout de même par les cris et les bons qui semblaient contaminer une partie de l’auditoire Et voilà ce que je vis…
une ado de 50 ans aux yeux brillants d’une lumière troublante et mystérieuse
Nous étions 4 en fait assis par terre à ne pas bouger ,
Au départ je pensais que cette attitude était due au mal au dos excusant une forme de retrait
En fait, nous nous sommes juste effacés instinctivement par respect pour ses gens qui auraient eu une part de plaisir gâché par notre incommunicabilité,
nous ne pouvions partager cela avec eux parce qu’ils étaient d’un autre temps que nous n’ avions pas intégré à ce moment
Ses gens retournaient rayonnants tous ensemble sur leur pas, Bertignac en tête
Et les cinquantenaires se réveillèrent d’un sommeil bien trop long
je fus dubitative et puis admirative
Je ne sais pas pourquoi mon regard ne se posait que sur des femmes,
sans doutes cherchais-je un reflet de moi-même par curiosité d’un futur approchant
Elles devinrent sous mes yeux attendris de plus en plus jolies
Nostalgiquement jeunes par moment, stupéfiantes et si femmes, hors du temps
Elles se laissaient aller à redevenir celles qui avant moi hurlaient jusqu’à en perdre haleine
Qu’elles étaient belles
Le concert continua à travers leurs yeux brillants d’impatience je ne voulais plus d’autres images que leur visages ouverts et reconnaissant, je suis sure qu’aujourd’hui elles souriront encore du plaisir qu’elles ont prit
la communication était chaude et conviviale,
comme celle qu’il y a entre potes qui s’apprécient, d’une certaine manière ils le firent un instant
Puis les notes « d’un autre monde » sonnèrent la fin d’un moment magique, irréel et splendide
Je n’ai plus peur de rien, les années à venir flétriront ma peau mais laisseront à mes yeux leur lumière, je peux marcher en paix.
Encore juste un mot, je partageais Téléphone avec Valérie qui est partie trop jeune rejoindre les étoiles, au mois d’avril de ses 33 ans, le temps n’a pas effacé un seul de ses sourires, je l’ai sentie près de moi hier soir il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier et ne pas avoir peur le meilleur est toujours à venir…
Bises à vous, lisouille...