les couloirs du temps

Publié le par Lisouille la grenouille

Flash back
 
Lorsque ma grand-mère s’est trouvée dans un état léthargique
Elle était en maison de retraite
Elle n’était pas impotente mais perdait l’équilibre et le sens tu temps
C’était horrible d’aller là bas parce que tous ces vieux me regardaient avec détresse
Lui souriaient avec jalousie, elle me tendait les bras et ses mains toutes fripées enserraient mon visage, ses tout petits yeux gris se plongeaient dans les miens et c’était bon.
Elle était toute fière ma mamie, elle reprenait vie
Elle me manque tellement et terriblement
 
Au début j’allais la voir surtout pour la prendre avec nous et la soustraire à tout ça
Les enfants adoraient l’avoir auprès d’eux
et elle, riait aux éclats à tous moments
ces instants de jouvence la ramenaient vers le calme de son mouroir
où l’on mange à 18 h 00 comme à l’hôpital.
 
Puis la vie est devenue ma vie,
toujours à faire autre chose important mais pas essentiel
je fais beaucoup de choses importantes mais pas essentielles comme vous
je déteste ça parfaitement, ça me fond dans le paysage commun
L’abandon l’a poussé à repartir dans ses souvenirs
Elle voyait en nous d’autres visages d’un passé qui m’était inconnu

Je me suis alors dit que la plus grande richesse que l’on pouvait acquérir au fils du temps c’était ça, des souvenirs, des images, des odeurs des musiques
Tous ces moment qui faisaient de notre vie un enchevêtrement d’actes divers et variés

Dimanche après midi j’ai regardé de vieilles photos tentant de ranger le bordel innommable de ma chambre sans succès
J’ai toujours été bordélique et je le resterai jusqu’à la fin
J’aime cet enchevêtrement de choses diverses et variées qui font de ma vie un enfer
Il n’y a de l’ordre que dans mon pc, un peu comme dans mon cœur

Pourquoi un enfer  pourriez vous dire si vous ne le saviez pas ?!!
Parce que les souvenirs nous font sentir le temps qui passe irrémédiablement
Mes enfants grandissent et ils partiront et ça sera horrible parce que je ne passe pas assez de temps avec eux…tous les jours pourtant je les ai du réveil au coucher
Mes week end libérés se remplissent de souvenirs d’une femme de 30 et 31 et 35 à présent et ce n’est jamais assez.
Du réveil à 5 h 30 au coucher je ne pense qu’à vivre et à remplir chaque minute
dès qu’il y a un moment d’arrêt ou un calme j’angoisse de na pas vivre un moment à me souvenir quand je serais partie dans les couloirs du temps.
Ce putain de temps qui passe sans que je le perçoive
 
Ils étaient si petits, ils le sont un peu moins et c’est déjà trop grand
Je n’ai pas eu le temps
Je veux vivre encore plus
Je veux mourir en pleine vie pour ne pas avoir le temps d’avoir regrets et remords
Je suis en colère de passer à côté de personnes que j’aurais dû aimer mais qui par leur mépris me l’interdisent.
 
Vous savez quoi, ma mère a mis son assurance vie sur la tête de mes gosses
Je la hais de me traiter ainsi et pourtant c’est tout elle
Elle croit toujours bien faire et bien penser
Elle s’imagine que je suis indigne et que je ne saurais pas m’occuper de mes nains
C’est le plus cuisant échec de ma vie cette femme
Ne pas avoir réussi à aller vraiment vers elle,
Et où que je regarde je ne vois que le mal
Elle m’aime à sa façon, pour moi c’est sans façons
Et pour les autres c’est du pareil au même.
Le sang n’a de valeur que quand il coule dans nos veines
Pas qu’il bat aux tempes
Je suis abattue de tous ces jugements sans appels
A jamais résignée à ne rien y comprendre
 
Des gens que je connais à peine me respectent au point de m’accepter
Des gens que je connais à peine m’aiment en toute liberté
Ils me vivent, disent et font sans que cela leur coûte et parfois même je doute
Mais il y a des preuves, des sourires et les mêmes regards que ma grand-mère avait sur moi
 
Je comprends si bien la souffrance et la douleur des autres
parce qu’elle fait écho en moi comme dans une salle vide
Vide de protection et de tendresse
De respect et d’admiration

Je n’étais et ne suis qu’une enfant perdue au milieu d’un empire angoissant
Mais j’aime et je sais que ce que je ressens c’est vraiment de l’amour

Mes enfants sont mes dieux même s’ils me cassent les pieds
je les vénères comme je vénère ceux qui font battre mon cœur.
Tous ceux dont je vous parle qui me touche et m’émeuvent
Parfois certains me blessent
le dernier en date n’est pas prêt d’en sortir de mes pensées maudites
mais il sera pardonné en temps et heure
Et d’avoir su m’aimer et de m’avoir jeter 
même si c’est injuste il mérite quand même d’avoir une deuxième chance
ils l’ont tous eu et ne l’ont pas gâchée c'est vous dire si ils savent m'aimer

je suis pleine de colère et de tristesse
mais ce n’est qu’un instant qui se perdra pourtant dans les couloirs du temps

 
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Publié dans Langue de pute

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S
Tu sais que ça, ça me renvoie à des pensées identiques que j'avais à une époque. Sa position dans le temps et dans l'humanité!Je cherchais l'explication de ma mise au monde? Pas de grands-parents effectifs, pas de "vrais" parents, des parents adoptifs qui, à la fin, à la lecture d'un courrier oublié, m'ont renvoyé à la figure que j'avais été adoptée mais pour mon statut d'aînée, sinon le second n'aurait pas pu l'être... (j'ai été une sorte "d'excuse" à bien du monde pour continuer à vivoter: ma mère, parce que par obligation, a réussi à se faire épouser par mon père, parce que j'étais déjà là - ça faisait désordre hein? Ma mère adoptive qui ne jurait que par mon frère cadet, mais c'était un "lot" donc, faute de mieux, on prend le tout. Peu de copines à l'époque où c'était de rigueur, parce que je n'avais d'utilité que pour les devoirs scolaires... enfin plein de trucs qui te renvoient à des souvenirs d'amitié, d'amour quasi inconnus, mais totalement désinterressés.M'enfin, ça nous construit ma belle. Et j'ai sû passer outre! Ma vie, c'est celle que je mène actuellement avec ceux que j'ai choisi, et la colère n'a plus de lieu d'être, les intéressés étant disparus et le problème réglé.Gros bisous ma lisouille et t'inquiètes, c'est une crise naturelle mais passagère. Bises Manue
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