Noé et Jess

Publié le par Lisouille la grenouille

Jess avait la douce voix d’un ange, mais elle parlait moins ces derniers temps, son âme était pure et sa générosité transparaissait dans chacun de ses actes, mais voilà, Jess était laide, mais vraiment laide au point de manquer de courage à passer outre son visage si ingrat.

elle avait un corps trop grand et trop volumineux,

son visage était d’un commun sans aucune commune mesure.

Son enfance s’était plus ou moins bien passée, élève brillante, elle avait su accéder sans le moindre effort aux plus grandes écoles.

Elle avait aussi des amis, par miracle pensait-elle, le cœur de Jordan avait chaviré un temps pour elle, ils avaient été heureux et avaient formés un vrai couple mais sans franchir la barre des six mois, il ne pouvait comprendre son attirance pour elle et avait l’indélicatesse de lui confier ses dilemnes.

 

Jess aujourd’hui a 30 ans et n’a plus vraiment d’espoir, son rêve d’enseigner jusqu’au terme de ses obligations est tombé en ruine lorsque son contrat dans l’école pour aveugle n’a pas été renouvelé. Là au moins elle n’avait pas à souffrir du regard des autres. Peu à peu elle s’était étiolée pour s’enfouir et se perdre dans un monde imparfait mais issu de ses rêves.

C’est au port de Beaulieu sur Mer que sa voiture l’avait conduite au grés de ses pensées, elle avait contournée la jetée bétonnée pour aller se poser sur un large rocher plat face à la mer, son baladeur mp3 n’avait plus de pile et aucun de ses supports musicaux ne viendraient la sauver cette fois,  isolée de tous regards, Jess laisse aller ses larmes et tout son désespoir. Elle n’osait pas jeter même sur un papier ses ultimes souffrances.

Pourquoi les gens sont-ils si méchants ?

Est ce que je représente une menace pour eux ?, franchement je ne vois que ça pour qu’ils me claquent systématiquement la porte au nez.

Je ne demande pourtant pas la lune, je veux juste enseigner, je veux juste être une bonne prof et j’en ai la capacité, la compétence.

Des cris stridents venus de sa droite l’interrompirent dans son raisonnement intensifiant de ce fait sa colère.

Mais c’est pas Dieu possible, elle ne pouvait pas aller plus loin cette peste pour hurler, je n’ai pas le droit de pleurer seule , cria-t-elle les mains levées vers le ciel.

Une jeune femme de son âge à peu près avait comme interlocuteur un téléphone mobile, elle criait comme si elle voulait se passer de ce petit objet.

Laurent était à l’autre bout expliquant à Noémie que malgré l’amour qu’il éprouvait pour elle, il ne voulait pas déstabiliser ses enfants, il n’aimait plus sa femme depuis longtemps mais ses enfants étaient pour lui une priorité absolue. Comprends moi bien Noémie, ma position sociale ne m’autorise pas le scandale de ce genre de relation, je t’aime et c’est pour cela que nous devons cesser de nous voir, ça fait des années que j’ai une double vie et probablement Sophie aussi, mais les enfants sont heureux et je ne veux pas briser leur vie.

Tu sais rétorqua la jeune femme, tu es pitoyable, la colère qui me monte et les larmes qui coulent sur mes joues ne me viennent pas de toi mais de la honte que j’éprouve à cet instant de t’avoir céder, j’ai tellement cru à notre histoire, tellement investi, mais ce n’est pas perdu, tout ce qu’il en ressortira me rendra plus forte et un jour tu paieras ton addition, ce jour là, je ne serais pas loin et je te regarderais compter et recompter tes erreurs, aller salut. Puis elle raccrocha regrettant de ne pas l’avoir eu en face pour le gratifier d’une bonne claque comme point d’exclamation final à cette parodie de rupture.

 

Elle revint plus ou moins à elle et lorsqu’elle vit où elle était, une jeune femme assise sur un large rocher plat la regardait manifestement ulcérée.

Noémie lui décrocha son plus beau sourire, Bonjour, excusez moi pour le dérangement cria t-elle, en secouant son mobile. Jess fut touchée de cette attention et cria à son tour, ce n’est pas grave… Noémie avait très envie de se calmer mais elle n’y parvenait pas, elle aurait aimer rappeler ce minable et l’habiller d’un tas de mots tous plus colorés les uns que les autres. Elle regardait nerveusement de droite à gauche et se dandinant nerveusement. Jess la regardait parce qu’il était de toute façon impossible de se concentrer sur autre chose pas même sur ses terribles souffrances du moment : vous avez un problème ? Comme si elle n’avait attendu que cet instant, Noémie sauta de rochers en rochers jusqu’à Jess et dit, vous imaginez quel enfoiré, ça fait 6 mois que je suis avec ce mec qui dit m’aimer, j’étais bien dans ma vie de célibataire, j’étais en train de découvrir qui j’étais, et ce mec arrive de nulle part, me dit des mots que je ne rêvais même plus entendre, il m’a mis sur un piédestal, il m’a fait l’amour comme s’il allait mourir l’instant d’après, je devais attendre qu’il règle ses problèmes de couples enfin qu’il parle à sa femme, mais non, Monsieur lui veut le beurre l’argent du beurre et mon C…… Stop j’ai compris interrompit Jess, je connais tout ça, ne me regardez avec autant d’étonnement mademoiselle le top model, les cœurs chavirent sans qu’on ne sache pourquoi et j’ai aussi quelques relations à mon actif comprenant également ce genre d’histoire.

 

Noémie était soufflée.

  • Je m’appel Jess.dit-elle en tendant la main,
  • Noémie. Je suis désolée d’avoir perturber vos pensées
  • Ce n’est pas bien grave, j’étais en train de pester tout comme vous, mais contre moi-même en fait…
  • Ah bon ? serais-ce indiscret de vous demander pourquoi ?
  • Non, ça ne l’est pas, elle lui décrocha un sourire complice comme si une voix intérieur lui disait, elle est déjà ton amie alors autant te confier !
  • En fait je viens de terminer mon contrat et mes chers employeurs m’ont annoncés qu’ils ne pouvaient pas le reconduire, restriction budgétaire ont-ils dit, ils vont me remplacer par un ordinateur et acheter des programmes qui se chargeront de faire mon travail, de toutes les bêtises que j’ai entendu dans ma vie, celle là figurera dans le top 50 voir même, dans le best of.
  • Tu faisais quoi comme job ?
  • J’étais prof dans une association pour aveugles, à croire que mon physique n’est admis que par les infirmes.
  • Je ne vois pas le rapport
  • Sans vouloir me vanter, je suis une excellente prof de français, j’enseigne aussi l’éducation civique et passe par ces deux matières pour faire de l’initiation à la philo.
  • Whaoo, je suis impressionnée, tu ne devrais pas avoir trop de mal à rebondir, les profs surtout les bons, y’a toujours des places.
  • Oui, c’est ce que je pensais il y a sept ans, force est de constater que ce n’est pas le cas, il semblerait que mon physique soit un obstacle pour certains.
  • Comment ça ? moi j’ai eu des profs aussi et tous plus hideux les uns que les autres !
  • Je te remercie…
  • Non pardonnes moi ce n’est pas ce que je voulais dire, enfin si, mais ça n’était pas pour toi, comment dire, je ne crois pas que ce genre de considération entre en ligne de comptes.
  • Manifestement si !
  • J’ai pour ma part un physique correct enfin disons qu’il entre dans les critères des normes débilissimes de notre époque et j’ai un mal fou à trouver un emploi, des amis et pire un mec, si ça s’est pas un comble, nous souffrons finalement du même handicap
  • Effectivement dit Jess amusées par la tournure des évènements, nous souffrons de devoir vivre à proximité d’une horde de cons internationaux, comme quoi tous les mongoliens ne sont pas trisomiques
  • Exactement, brillante analyse professeur Jess
  • Bien, il commence à faire faim, que dirais tu de continuer à faire connaissance dans un petit restaurant autour d’un bon repas arrosé d’un bon rouge ou rosé comme tu voudras j’aime tous les vins…?
  • Volontiers miss France, quelle belle journée n’est-ce pas ?

Les deux jeunes femmes n’eurent que quelques pas à faire pour trouver un restaurant, elle s’attablèrent en terrasse pour jouir d’un soleil généreux et doux. Elles ne cessèrent de jacasser, rire comme si des années les avaient séparées et qu’enfin de tendres retrouvailles étaient tant attendues. 

De retour chez elle, Jess se sentait profondément sereine et enthousiaste, elle mis le disque de Cali, se fit un café pendant que la baignoire se remplissait d’eau et de mousse. Dès demain, je ferais la tournée des écoles privées, et ferais parvenir à toutes les académies mon curriculum et un courrier de motivation, après tout, Noémie à sûrement raison, il doit bien y avoir un poste pour moi dans ce bas monde.

De son côté, Noémie avait passé la soirée chez ses parents espérant un peu de réconfort.

Au lieu de ça, elle était partie avant la fin du repas, lasse des railleries déplacées de sa mère et des observations désagréables de son père. Comment ces deux être ignobles avaient-ils pu enfanter un être exceptionnel comme moi, et comment un homme tel que Laurent pouvait me traité de la sorte, et où sont tous mes amis là maintenant, c’est une conspiration, elle prit son portable et le regarda avec défi, sonne petit avorton, sonne !!!

 L’écran s’alluma comme par magie, c’était Jess :

 

  • Noé ?
  • Oui
  • Ca va ?
  • Oui ! euh non…
  • Tu veux passer regarder un film ?
  • Oui , oooooooohhhhhhhhh ouiiiiii j’arrive

Le sourire de Noémie refit surface, elle était heureuse finalement d’avoir rencontrer Jess, quelle étonnante nana se dit-elle.

 Elles ne semblaient pouvoir se passer l’une de l’autre, elles avaient toutes deux des amis, en quantité plus que raisonnable, cette alchimie pourtant était nouvelle. Sans l’avoir décidé ni s’en rendre compte, elles devirent co-locataires et toutes deux présentèrent les amis d’un côté de l’autre, les mois passèrent et on eut presque pu les prendre pour un couple, sauf que…ce n’en était pas un. L’amitié et la complicité qu’elles avaient colmatèrent toutes les brèches de leur existence. Jess n’avait eu que des refus pour boulot, tandis que Noé gagnait bien sa vie en posant pour une marque de cosmétique. Jouer les potiches ne lui plaisait guère mais elle faisait bouillir une partie de la marmite.

 Un soir, elle rentra lasse, si lasse et désemparée que Jess crut à un deuil ou pire, une agression, lorsqu’elle consenti enfin à aligner les mots de façon cohérent, Jess comprit que la crise était plus profonde. Noé en avait marre de n’être valorisée que par son physique, oui elle avait beaucoup d’argent mais que racontera-t-elle à ses petits enfants sur ses jeunes années, qu’elle était potiche pour magasine féminin, elle avait envie de se lever avec le sourire et de relever des défis et d’être confrontée au monde mais cette fois pour de vrai.

  • Bien ma chérie, je sais que ça va te sembler un peu tiré par les cheveux mais j’ai une idée. Manifestement ma côte de popularité physique stagne dans les sondages de l’éducation nationale, il semblerait que je ne puisse prétendre à un poste avant une quarantaine d’année, je n’ai pas envie de m’exiler au fin fond de l’Afrique non plus même si c’est un très beau pays, en tous cas en dehors du cadre bien particulier des vacances, alors voilà : j’ai quelques amis ultra compétents pour m’aider et si tu acceptes ma proposition, je pense que ….
  • Dis moi ma caille, tu pourrais pas me la faire version courte ?

    Jess éclata de rire, bon ok
    Si nous montions notre propre agence ?
    De mannequins ?

Bien sûr dit Jess, je jouerais les épouvantails, non plus sérieusement pourquoi ne pas se servir d’Internet et monter une école virtuelle

Tu joues les profs à l’écran et je fais les contenus, pour une somme modique de 10  euros par mois on peut donner des cours de rattrapage, d’alphabétisation et même créer des modules pour les enfants à l’hosto.

Il faut trouver un partenaire qui fournit le matériel et un hébergeur, alors qu’en penses tu ?

Moi je dis que notre rencontre n’a pas qu’un seul sens, alors on est jeunes, on est très très très singlées alllloonnnsss y.

En un mois de travail acharné le projet était prêt et en place, Noé avait fait le phoning et Jess les visites commerciales. Elle avaient fait paraître des articles dans tous les gratuits et fais des mailings liste longue comme la genèse, décroché un hôpital pilote et l’attention de l’état.

La morale de cette histoire lariretteuu larireeeetteuuu la morale de cette histoire c’est qu’les femmes sont dans l’ploton

Ça ne veut presque rien dire mais voilà, avec un peu de volonté et d’amour d’amitié on arrive à tout j’en suis persuadée

Bises à vous et bonne nuit

Ze grenouille masquée…

 

 

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Publié dans Délires....

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L
really !!!!<br /> but what OB do ?!!!caus I can't do anything you know....<br /> merci de suivre attentivement mon bloguinou....bisouilles mon spitounet
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S
I think you've been spamed !  
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P
tuningomaniaZloty samochodoweRoad Slayers  
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E
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